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« De toute façon, on est trop nombreux »

Après un débat que vous venez pourtant de remporter haut la main sur la clim – oui, elle participe au réchauffement climatique – votre interlocuteur·trice vous balance que, tout compte fait, « le problème, c’est qu’on est trop nombreux ». Ça n’a rien à voir avec le schmilblick, mais ce n'est pas la première fois qu’on vous l’objecte ainsi, en désespoir de cause. Ne laissez pas filer, cette croyance retarde énormément tout changement.




Après une chronique qui se voulait apaisante, cette fois-ci, pas de quartier. D’abord, le contexte. Dans une tentative d’avoir le dernier mot, après un débat que vous venez pourtant de remporter haut la main sur la clim - oui, elle participe bien au réchauffement climatique -, votre interlocuteur·trice vous balance, que « de toute façon, le problème, c’est qu’on est trop nombreux ». Ça n’a rien à voir avec le schmilblick, mais ce n'est pas la première fois qu’on vous l’objecte ainsi, en désespoir de cause. Ne laissez pas filer, cette croyance retarde énormément tout changement.

Si vous êtes motivé·e, commencez par l’Histoire. Platon, Aristote, Jean-Jacques Rousseau, l'économiste anglais Malthus bien sûr, et plus récemment le club de Rome, tous ont alerté sur les dangers d’une surpopulation mondiale. Outre le fait que ces messieurs se sont bien plantés sur ce que « surpopulation » signifie – quand Malthus a sorti ses écrits, la Terre comptait moins d’un milliard d’habitants –, ils n’avaient guère anticipé le vrai problème : les inégalités. Au risque de nous répéter, les pays à forte natalité ne sont responsables que de 3,5 % des émissions mondiales de CO2, alors qu’ils abritent 20 % de la population mondiale ; les Anglais émettent autant en 2 semaines que l’ensemble du continent africain en une année ; les Etats-Unis, 5 % de la population mondiale, constituent le troisième consommateur d'eau douce ; les Français consomment 85 kg de viande par an, contre moins de 10 kg pour les 20 pays les plus pauvres… Alors à la question « doit-on arrêter de faire des enfants », la teneur du débat pourrait déjà différer selon le pays de l’heureux bambin…

« Ok, ce sont les plus riches qui polluent le plus, mais la natalité augmente dans les pays pauvres, et ils voudront la même vie que nous ! » Déjà, la croissance de la population diminue depuis les années 1970 et même dans les pays du Sud. Ensuite – vous allez finir par croire qu’on est têtu·e·s – entre 1990 et 2014, les émissions de CO2 ont augmenté de 52 % dans le monde et… la moitié de cette augmentation est imputable aux 10 % les plus riches. En clair, il n’y aura ni une explosion de la population – les démographes tablent sur un maximum de 10 à 11 milliards pour 2100, ni une explosion des émissions des pays les plus pauvres – au hasard, l’Afrique subsaharienne, 1 milliard d’habitants et 2 % des émissions de CO2 (l’Union Européenne, 447 millions d’habitants, 10 % des émissions). Il n’y a pas trop de monde sur cette planète, il y a trop de gros pollueurs. Nuance…

« Et l'alimentation hein ? On ne pourra jamais nourrir 10 milliards de personnes ! » C’est vrai, on n'arrive déjà pas à le faire aujourd’hui 2 milliards de personnes vivent déjà dans une forte précarité alimentaire, mais est-ce à cause du manque de production ? Pas du tout : 1) un agriculteur gagne plus en produisant des céréales pour des animaux d’élevage ou des biocarburants que pour des humains et 2) 30 % de la production alimentaire est gaspillée. Et tant que vous y êtes, sortez-lui que si l’humanité devenait 100 % végétarienne, ça libérerait les trois quarts des terres cultivables. Quand même !

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